Le référendum grec et l’illusion de démocratie

Le Gouvernement Grec a annoncé qu’il allait soumettre à un référendum l’acceptation du plan d’aide européen. François Hollande, Martine Aubry, Manuel Valls, Arnaud Montebourg, Jean-Luc Mélanchon, Eva Joly et Marine Le Pen sont tous d’accord pour célébrer un acte démocratique !
Un acte démocratique, dans une démocratie… quoi de plus normal ? Mais l’adoption du plan de sauvetage de la Grèce aussi était un acte démocratique.
Nous vivons dans une démocratie représentative, nous choisissons des représentants qui exercent le pouvoir au nom de la nation. Ainsi, dans les 17 pays de la zone euro, des représentants exercent le pouvoir au nom des citoyens qui les ont élus or ce plan de sauvetage a été adopté à l’unanimité (y compris par la Grèce) , c’est donc un plein exercice de la démocratie représentative.

Il faut aller plus loin et comprendre les conséquences de ce référendum, la question qui se pose, outre celle de la faillite de l’État Grec, c’est aussi celle de l’explosion de la zone euro qui concerne 17 pays.

L’avenir de la Grèce impacte aujourd’hui directement ces 17 pays, mais seul le peuple grec va s’exprimer. C’est cette minorité qui va décider pour l’ensemble des pays, est-ce encore un acte démocratique ?

La question du référendum est légitime, le peuple a le droit de s’exprimer directement mais puisque la décision mise en question a été prise à 17 et engage 17 pays, le référendum doit concerner les citoyens des 17 pays de la zone euros.

Les arguments des défenseurs du référendum sont tous acceptables mais révèlent une vision minimaliste de la question  :
Selon Eva Joly : « Les politiques menées ne peuvent se faire contre les peuples ».
En effet et c’est pour cela que cette politique menée à 17 ne doit pas se faire contre les peuples des autres pays.

Pour Manuel Valls : « Nous ne pouvons pas interdire aux Grecs de choisir leur destin. L’Union européenne est une fédération d’États nations. Un référendum est donc légitime. »
Nous ne pouvons pas non plus priver les peuples des pays concernés de choisir leur destin, un référendum de la zone euro serait  donc 17 fois plus légitime.

Pour Jean-Luc Mélanchon : « C’est un minimum de démocratie »
Lorsqu’une minorité choisit pour une majorité ce n’est pas la démocratie, le minimum de démocratie ce serait que l’ensemble du peuple s’exprime.

Pour Marine Le Pen : « C’est au peuple de décider de son avenir et non pas à quelques technocrates »
Mais si les technocrates représentent 17 pays, c’est au peuple des  17 pays de décider de son avenir.

Je ne m’oppose pas au référendum, il est légitime qu’un peuple soit consulté sur une décision qui concerne son avenir. Mais si cela est légitime pour les Grecs, cela doit être légitime pour les autres acteurs du plan de sauvetage. Les Grecs se sont exprimés en choisissant leurs représentants, ces représentants se sont exprimés en acceptant le plan de sauvetage, les grecs n’ont pas aujourd’hui à décider de l’avenir de 17 pays.

David Brexel

Mise à jour du 3 novembre: le Premier ministre grec renonce au référendum.

Pays de la Zone Euro : Allemagne, Autriche, Belgique,
Espagne, Finlande, France, Irlande, Italie, Luxembourg,
Pays-Bas, Portugal, Grèce, Slovénie, Chypre, Malte,
Slovaquie, Estonie. 
Publicités
Cet article, publié dans David Brexel, National, Politique, Tribune, est tagué , , , , , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s