Le jeunisme : l’arme anti-jeune

La société française serait marquée par une volonté de donner une place plus importante aux jeunes, nous serions entrés dans une époque qui les favorise de manière extraordinaire.
La vérité est exactement inverse : jamais les jeunes n’ont eu aussi peu de responsabilités dans notre pays. Si une petite élite jeune est mise en avant, la grande majorité se voit refuser l’accès au travail. La réalité est que le chômage des jeunes approche des 23% quand la moyenne nationale est à 9%.

Aujourd’hui, il est tout à fait courant pour un jeune de se voir refuser une poste justement parce qu’il est « trop jeune ». Et une certaine hypocrisie tente de nous faire croire qu’il ne s’agit pas d’âge mais d’expérience. Ainsi nombre de postes de « débutants » nécessitent au minimum  » 3 ans d’expérience ».
L’allongement de la durée des études tout comme l’allongement de la durée de la vie expliquent, en partie , un accès plus tardif aux responsabilités. Mais le paradoxe reste vrai :  notre société est  atteinte de « jeunisme » tout en écartant les jeunes.

En réalité, les élites économiques, politiques et intellectuelles maintiennent les jeunes dans un long purgatoire d’études théoriques, de situations précaires voire de chômage. L’âge moyen des dirigeants d’entreprises en France est de 49 ans contre 39 ans en Chine ! Cette différence modifie totalement la dynamique de l’économie; la France se repose sur des acquis qu’elle défend, la Chine s’inscrit dans une logique de conquête et de création. N’oublions pas que Microsoft, Apple, Google ou Facebook ont été créées par des jeunes parfois encore à l’université.
Ces élites ne semblent pas aimer les nouveaux entrants et les jeunes en font, par essence, partie.

La jeunesse doit retrouver toute sa place dans notre société.

Nous parlons beaucoup du chômage des jeunes, de l’aide aux jeunes, de mesures en faveur des jeunes et de quantité de bonnes idées,  sans que les choses ne changent réellement. La mobilité géographique des étudiants n’a jamais été aussi importante, mais la mobilité sociale est en retrait. Il y a moins d’enfants d’ouvriers dans nos grandes écoles aujourd’hui, qu’il y a vingt ans !

Ce paradoxe est le fruit d’un manque de courage politique qui empêche un consensus qui dépasserait les postures de parti pour qu’émerge une volonté privilégiant enfin l’action au slogan.

L’expérience désastreuse du CPE est illustrative d’une initiative politique courageuse qui s’est heurtée à une opposition clientéliste qui avait intérêt, à la veille d’élections importantes, à faire échouer tout projet ambitieux. Le débat n’a donc pas eu lieu car l’avenir des jeunes était moins important que l’avenir des candidats aux présidentielles.

Et pendant ce temps, cette société adepte du jeunisme est peuplée de jeunes désoeuvrés. Il doit pourtant y avoir des solutions. Il suffit de regarder au-delà de nos frontières pour constater que ce n’est pas une fatalité.

David Brexel

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Un commentaire pour Le jeunisme : l’arme anti-jeune

  1. Un jeune dit :

    Le nouveau patron d’Apple à tout juste 35 ans, ce n’est pas en France que l’on verrait ça !

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