De la polémique « Roms »

« Rafles », « régime nazi », « Etat raciste » que n’a-t-on entendu au sujet des mesures prises à l’égard de certains Roms en situation irrégulière. Ces réactions injurieuses et, ô combien, exagérées ont eu pour effet d’écarter du débat la réalité des faits et de la situation.

Contentons nous de rectifier certaines erreurs concernant les « gens du voyage », le droit d’asile ou la liberté de circulation.

Ne faisons pas la confusion entre les Roms et les « gens du voyage ». Si cet amalgame a été entretenu par certaines déclarations du ministre de l’Intérieur, il convient de préciser la distinction. Les « gens du voyage » sont installés dans notre pays depuis longtemps et leur mode de vie nomade n’a pas empêché leur intégration dans la communauté nationale.
Les Roms concernés, sont pour la plupart de récents immigrés roumains ou bulgares, s’installent dans de véritables bidonvilles où les conditions de vie sont indignes et survivent en mendiant. N’y voyez pas un dénigrement, c’est tout au contraire, une dénonciation. La France, l’Europe ne peuvent accepter cette situation mais c’est dans leur pays d’origine que doit être trouvée la solution.

Il n’est pas possible d’invoquer le droit d’asile dans le cas présent. Ce droit concerne les personnes qui se trouvent en danger dans leur pays, qui sont victimes de violences ou des persécutions politiques. Les Roms sont des citoyens européens, issu d’un État démocratique et représenté au Parlement européen et à la Commission européenne. Ces citoyens n’ont donc pas de raison d’en appeler au droit d’asile.

Enfin, invoquer la liberté de circulation sans en évoquer les limites amène certains abus. La liberté de circulation est acquise pour une durée limitée à trois mois, pour les citoyens européens possédant un passeport ou une carte d’identité. Au-delà de ces trois mois, il est nécessaire de justifier d’un emploi ou de ressources régulières soumises aux prélèvements fiscaux et sociaux. A défaut, ils doivent regagner leur État d’origine.
Cela vaut pour les Roms en France, comme pour les Français dans un autres pays européen. La réaction du parlement européen est d’autant plus incompréhensible que le retour est volontaire et accompagné d’une aide financière.

Ces amalgames, ces confusions et les raccourcis historiques malhonnêtes, discréditent le débat et écartent la question centrale de la situation des Roms en Europe.

La France participe à hauteur de 5 milliards d’euros par an à la politique européenne de cohésion, qui doit permettre de porter la situation économique et sociale des nouveaux Etats membres au niveau moyen des pays européens. Une partie de  cette somme pourrait être consacrée à l’amélioration de la situation des Roms, notamment en Roumanie et en Bulgarie.

David Brexel

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2 commentaires pour De la polémique « Roms »

  1. dinel dit :

    J’ai lu!
    comme quoi on peut être immigré et intégré… et s’intéresser! écouter, s ‘ouvrir, analyser, comprendre (en tout cas essayer) mais la droite devrais parler un peu de nous (moi qui suis dans cette « communauté » j’en connais énormément)
    ceux qui n’excise pas, ne demande pas de changer de médecin, d’avoir de la viande halal partout, (ps je mange halal et ne forcerai personne a le faire) malheureusement entre mon poste d hier et celui d aujourd’hui Sarko en a ajouté une couche, etc etc
    mais bon y a un vote dans quelques jours … Dans tous les cas merci pour votre réponse, votre auto-critique et le sérieux de votre blog
    ah ! en ce qui concerne le vote, Fillon m’aurait bien convaincu, comme pas mal de Français (peut être) et on aurais relevé le débat (ça c’est sur!) car en résumé on ce retrouve à combattre d’un coté un homme et de l’autre une « communauté »… ce n ‘est pas ça l’idée que je me fais de la République. une dernière interrogation, ça aurai été plus judicieux de le changer (Sarko) la question ce posera en cas de défaite? (il faut savoir ce sacrifier pour le groupe, non? pour que « nos » valeurs « nos » convictions l’emporte ….on verra en 2017 si Fillon ou NKM ce présente
    On ne refait pas l histoire ….

    • Sur votre dernière interrogation : je ne milite pas pour une primaire ouverte à l’image de celle du PS mais pour un minimum de démocratie au sein d’un parti. Le minimum, c’est pas exemple pouvoir choisir son président (ou son secrétaire général) et pouvoir désigner son candidat…
      A ce sujet :

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